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Conférence de M. Hatem Ben Othman, universitaire et écrivain.
[|CONFERENCES DE L’ACETEF 2006|]
[|Mardi 19 décembre 2006 à 18h|]
[|Université Paris 7 Denis Diderot|]
[|Amphithéâtre X1, Rez-de-chaussée|]
[|1, Rue Guy de la Brosse 75005 Paris|]
[|(Métro Jussieu)|]
M. Hatem Ben Othman
Universitaire et écrivain
Ancien ministre de l’Education
Président de l’O.T.E.F (Organisation Tunisienne pour l’Education et la Famille)
Titre : Rôle des universitaires dans le débat actuel sur l’état du monde.
Résumé :
Le monde actuel est en train de vivre de grands bouleversements d’ordre politique, économique, social et culturel. Des mutations profondes secouent toutes les sociétés. Le doute, l’interrogation et l’inquiétude s’installent dans les esprits. Un nouvel ordre mondial s’instaure à l’insu des intellectuels qui se sont tus et éclipsés pendant une quinzaine d’année, depuis la chute de l’empire communiste, la fin des maîtres à penser et l’émergence d’une puissance unique dans un monde unipolaire. Cette puissance règne aujourd’hui sans partage sur le monde, impose son système économique et social, sa culture, son mode de consommation et son type de pensée unique. C’est la déroute du politique et de la pensée politique. Tout, ou presque, échappe aux Etats, aux institutions nationales, aux gouvernants, aux peuples, à l’université et aux intellectuels.
1- Le Multilatéral
Le multilatéral perd tout son sens depuis que l’ONU est en état de déliquescence. Le mouvement des pays non-alignés s’est tout bonnement évanoui jusqu’à son ultime tentative de rassembler ses forces et de se ressaisir à l’occasion de son dernier congrès à Cuba.
2- Le Bilatéral
Les organisations supranationales régionales telles que l’OUA, la ligue arabe et autres sont tout simplement dépassées par les événements et carrément en panne.
Les relations bilatérales entres les Etats se sont érodées. Elles n’ont plus de crédibilité et de consistance dans un contexte mondial globalisé où les institutions financières internationales et les sociétés transnationales dictent leur lois aux Etats.
L’émergence de groupements régionaux n’a rien fait pour changer la donne. Bien au contraire. Des contradictions évidentes se font jour entre les politiques étrangères nationales et les intérêts nationaux d’un côté, et la politique étrangère commune et les intérêts communs aux Etats dont ces groupements régionaux sont formés, de l’autre.
3- La méditerranéité
Dans un contexte mondial explosif où règnent les conflits, les tensions et la résurgence de l’identitaire, de l’ethnique, du religieux... la méditerranéité se cherche et essaye d’avoir un sens, une place et un rôle modérateur susceptible de renouer le dialogue entre les cultures, les religions et les civilisations, sans grand succès jusque là.
La méditerranéité et le dialogue euroméditerranéen sont en crise.
4- La francophonie
La francophonie quant à elle, tente, avec beaucoup de difficulté parfois, à rester en phase avec les mutations actuelles que connaît le monde. Croyant élargir son champ d’action et d’influence en acceptant en son sein de nouveaux Etats membres, elle peine, cependant, à juguler l’influence grandissante de l’anglais dans le monde et a du mal à proposer de nouvelles perspectives d’avenir aux peuples et aux Etats attachés aux valeurs de la francophonie dont le monde a pourtant grandement besoin aujourd’hui pour qu’à l’errance et à la déperdition se substituent la stabilité, la paix et la coopération dans un monde qui gagnerait à être gouverné par l’Esprit et la Raison plutôt que par l’arrogance, le diktat et le profit à tout prix.
5- L’université
Dans ce marasme généralisé, l’université a un rôle essentiel à jouer pour contribuer à l’enclenchement d’un nouveau processus où l’apport des universitaires est absolument indispensable pour éclairer l’opinion et les gouvernants à la fois, pour qu’un débat fertile s’instaure enfin, pour que la diversité ait un sens à travers une confrontation d’idées et d’opinions contradictoires et opposées qui fusent de partout, émanant d’esprits éclairés qui cultivent la différence et donnent à la liberté un sens et à la démocratie une réelle signifiance dont elles commencent parfois à être complètement dépourvues.
Quelques références :
Participation à l’élaboration du dictionnaire “ASSIBIL”, Arabe-Français, Larousse, Paris, 1981.
« Mondialisation et culture », ouvrage en arabe paru chez : Maison Arabe d’Etude et de Diffusion, Beyrouth, 1999. (Analyse des retombées immédiates de la mondialisation sur la culture : dangers de marchandisation de la culture, paupérisation systématique de l’Esprit et de la raison).
« Misère de la Mondialisation » ouvrage en arabe paru chez : Centre de Publication Universitaire, Tunis, 2003. (Etat des lieux du « village – monde ». Plaidoirie pour une mondialisation humaniste et cosmopolite. Appel à un nouvel ordre mondial humaniste et universaliste).
« Une langue à la recherche de son territoire », ouvrage en arabe paru chez : Maison Maghrébine d’édition, Tunis, 2006. (Analyse de l’impact de la situation géopolitique du monde arabe sur la langue arabe dans sa sphère naturelle de pratique au quotidien et dans le monde).
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